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	<title>Notes &#187; Immeubles</title>
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	<link>https://perso.math.univ-toulouse.fr/jraimbau</link>
	<description>Un site utilisant Blog IMT</description>
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	<item>
		<title>Immeubles sphériques des groupes algébriques semisimples</title>
		<link>https://perso.math.univ-toulouse.fr/jraimbau/2019/03/19/immeubles-spheriques-des-groupes-algebriques-semisimples/</link>
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		<pubDate>Tue, 19 Mar 2019 16:58:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[jraimbau]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Groupe de travail]]></category>
		<category><![CDATA[Immeubles]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://perso.math.univ-toulouse.fr/jraimbau/?p=520</guid>
		<description><![CDATA[On utilise librement les notations et définitions des exposés sur les algèbres de Lie (ici). Tout au long de ces notes \( F \) est un corps de caractéristique 0 et \( \mathfrak{g} \) une algèbre de Lie semisimple sur \( F \). Groupes de Coxeter sphériques associés aux algèbres de Lie Algèbres semisimples déployées [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[
<p>
    On utilise librement les notations et définitions des exposés sur les algèbres de Lie (<a href="./jules.html">ici</a>). Tout au long de ces notes \( F \) est un corps de caractéristique 0 et \( \mathfrak{g} \) une algèbre de Lie semisimple sur \( F \).
  </p>
<h1>Groupes de Coxeter sphériques associés aux algèbres de Lie</h1>
<p><span id="more-520"></span></p>
<h2>Algèbres semisimples déployées</h2>
<p>
    Soient \( F \) un corps de caractéristique 0 et \( \mathfrak{g} \) une algèbre de Lie semisimple sur \( F \). Soit \( E \) la clotûre algébrique de \( F \) ; on sit que <em>\( \mathfrak{g} \) est déployée sur \( F \)</em> s&rsquo;il existe une sous-algèbre de Cartan \( H \) de \( \mathfrak{g} \otimes_F E \) telle que \( \dim_F(H \cap \mathfrak{g}) = \dim_E(H) \) et pour tout \( x \in H \cap \mathfrak{g} \) on a que \( \mathrm{ad}_x \) est diagonalisable sur \( F \). On peut alors appliquer la théorie vue dans le cas algébriquement clos à \( \mathfrak{g} \) sur \( F \) et on obtient le résultat suivant.</p>
<blockquote><p>
      <b>Théorème :</b> Soit \( g \) une algèbre de Lie semisimple déployée sur \( F \). Soit \( H \) une sous-algèbre de Cartan de \( \mathfrak{g} \) et \( H^* \) son dual. Il existe un sous-ensemble \( \Phi = \Phi(\mathfrak{g}, H) \) de \( H^* \) tel que l&rsquo;on ait la décomposition<br />
      \[<br />
      \mathfrak{g} = H \oplus \bigoplus_{\alpha \in \Phi} \mathfrak{g}_\alpha, \: \mathfrak{g}_\alpha = \{ x \in \mathfrak{g} : \forall h \in H, \mathrm{ad}_h(x) = \alpha(h)x \}.<br />
      \]
    </p></blockquote>
<h2>Groupe de Coxeter d&rsquo;un système de racines</h2>
<p>
    Si \( h \in H \) on a d&rsquo;après la décomposition radicielle \( \mathrm{tr}(\mathrm{ad}_h) = \sum_{\alpha \in \Phi} \alpha(h)^2 \). En particulier, si \( F  = {\mathbb R} \) la forme de Killing est définie positive en restriction à \( H \).</p>
<p></p>
<p>    En général, pour définir un espace euclidien associé à \( \mathfrak{g} \) (et au choix de la sous-algèbre de Cartan) on utilise le lemme suivant.</p>
<blockquote><p>
      <b>Lemme :</b> On peut choisir des générateurs \( X_\alpha \) des \( \mathfrak{g}_\alpha \) et \( H_1, \ldots, H_r \) de \( H \) tels que les crochets de Lie \( [X_\alpha, X_\beta] \) et \( [X_\alpha, H_i] \) soient des \( {\mathbb Q} \)-combinaisons linéaires des \( X_\alpha, H_i \).
    </p></blockquote>
<p>    La démonstration utilise la théorie des \( \mathfrak{sl}_2 \)-triplets et est donc un peu longue pour être donnée ici. On peut ausi déduire le lemme a posteriori de la classification des algèbres de Lie semsisimples scindées : il se trouve qu&rsquo;elles sont toutes définissables sur \( {\mathbb Q} \).</p>
<p></p>
<p>    Il suit du lemme que si on définit \( \mathfrak{g}_{\mathbb Q} \) comme le \( {\mathbb Q} \)-sous-espace de \( \mathfrak{g} \) engendré par les \( X_\alpha, H_i \) alors c&rsquo;est une \( {\mathbb Q} \)-sous algèbre de Lie de \( \mathfrak{g} \) et on a \( \mathfrak{g} = F \otimes_{\mathbb Q} \mathfrak{g}_{\mathbb Q} \). La forme quadratique induite sur \( H_{\mathbb Q} \otimes_{\mathbb Q} {\mathbb R} \) par la forme de Killing \( K \) est alors définie positive. On définit alors l&rsquo;espace euclidien \( V \) comme l&rsquo;espace dual \( H_{\mathbb Q}^* \otimes_{\mathbb Q} {\mathbb R} \) munie de la forme duale de \( K \).</p>
<p></p>
<p>    Il suit du lemme que \( \Phi \subset H_{\mathbb Q}^* \). La démonstration du lemme ci-dessus montre en fait que \( \Phi \) est un <em>système de racines</em> au sens axiomatique (cf. Bourbaki). La seule conséquence qui nous intéresse ici est la suivante.</p>
<blockquote><p>
      <b>Lemme :</b> Soit \( \alpha \in \Phi \) et \( s_\alpha \) la réflexion orthogonale de \( V \) de miroir l&rsquo;orthogonal de \( \alpha \). On a \( s_\alpha\Phi = \Phi \).
    </p></blockquote>
<p>    Soit \( W \) le sous-groupe de \( \mathrm O(V) \) engendré par les réflexions \( s_\alpha \). Par la théorie générale exposée dans les <a href="http://perso.math.univ-toulouse.fr/jraimbau/?p=491">notes de Stéphane</a> il existe un sous-ensemble \( \Delta \subset \Phi \) ayant les propriétés suivantes :</p>
<ol>
<li>\( \Delta \) est une base de \( H^* \) ; </li>
<li>Si \( \alpha \in \Phi \) elle s&rsquo;écrit sous la forme \( \pm \sum_{\beta \in \Delta} n_\beta \beta \) pour des \( n_\beta \in \mathbb N \) ; </li>
<li>\( (W, s_\beta) \) est un groupe de Coxeter. </li>
</ol>
<p>    Un tel \( \Delta \) est appelé une <em>base</em> du système de racines \( \Phi \). On notera \( \Phi^+ \) l&rsquo;ensemble des racines positives pour \( \Delta \), c&rsquo;est-à-dire qui s&rsquo;écrivent \( \sum_{\beta \in \Delta} n_\beta \beta \), \( n_\beta \mathfrak{g}e 0 \).
  </p>
<h3>Exemple : \( \mathfrak{g} = \mathfrak{sl}_3(F) \)</h3>
<p>
    Dans ce cas on prend comme sous-algèbre de Cartan :<br />
    \[<br />
    H = \left\{ \begin{pmatrix} a &amp; 0 &amp; 0 \\ 0 &amp; b &amp; 0 \\ 0 &amp; 0 &amp; c \end{pmatrix} : a, b, c \in F, a + b + c = 0 \right\}.<br />
    \]<br />
    et on note \( L_i \) la forme linéaire sur \( \mathfrak{gl}_3(F) \) défine par \( L_i(a_{ij}) = a_{ii} \). Alors \( \Phi = \{ \alpha_{ij} = L_i &#8211; L_j : i\not= j \} \) est le système de racines de \( \mathfrak{sl}_3 \) : le sous-espace \( (\mathfrak{sl}_3)_{\alpha_{ij}} \) est donné par les matrices \( (a_{kl}) \) avec \( a_{kl} = 0 \) si \( (k, l) \not= (i, j) \).</p>
<p></p>
<p>    Une base de \( \Phi \) est donnée par exemple par \( \{L_1 &#8211; L_2, L_2 &#8211; L_3\} \). Le groupe de Coxeter est de type \( \mathrm A_3 \), en particulier isomorphe au groupe symétrique \( S_3 \).
  </p>
<h2>Appartement d&rsquo;un groupe algébrique semisimple</h2>
<p>
    Soit \( \mathbf{G} \) un groupe algébrique connexe sur \( F \) dont l&rsquo;algèbre de Lie est \( \mathfrak{g} \). Il existe un unique sous-\( F \)-groupe connexe \( \mathbf T \le \mathbf G \) tangent à \( H \). On note \( X(\mathbf T) = \hom_F(\mathbf T, F^\times) \) le groupe des caractères de \( \mathbf T \), qui est un groupe abélien libre de rang \( \dim(\mathbf T) \). On note \( \mathbf N = N_{\mathbf G}(\mathbf T) \) le normalisateur dans \( \mathbf{G} \) de \( \mathbf T \) (qui est un \( F \)-sous-groupe) ; on remarque que comme \( \mathbf{G} \) est connexe \( \mathbf T \) est égal à son propre centralisateur. </p>
<blockquote><p>
      <b>Lemme :</b> On a des isomorphismes naturels \( e : V \cong X^*(\mathbf T) \otimes_{\mathbb Z} {\mathbb R}\) et \( f : W \cong \mathbf N(F)/\mathbf T(F) \). De plus \( e(w\xi) = f(w)e(\xi) \) pour touts \( \xi \in V \) et \( w \in W \).
    </p></blockquote>
<h2>BN-paires et construction de l&rsquo;immeuble</h2>
<h3>Sous-groupe de Borel</h3>
<p>
    Soit \( \mathfrak{n} = \bigoplus_{\alpha \in \Phi^+} \mathfrak{g}_\alpha \). Alors \( \mathfrak{n} \) est une sous-algèbre de Lie de \( \mathfrak{g} \) d&rsquo;après la règle \( [\mathfrak{g}_\alpha, \mathfrak{g}_\beta] \subset \mathfrak{g}_{_alpha+\beta} \), puisque \( \Phi^+ \) est stable par addition. Il existe un unique sous-\( F \)-groupe connexe \( \mathbf U \le \mathbf{G} \) tangent à \( \mathfrak{n} \), et comme \( \mathfrak{n} \) est normalisée par \( H \), le sous-groupe \( \mathbf B = \mathbf T\mathbf U \) est le sous-\( F \)-groupe connexe tangent à \( H + \mathfrak{n} \). On l&rsquo;appelle <em>sous-groupe de Borel</em> de \( \mathbf G \).</p>
<p></p>
<p>    On peut montrer &laquo;&nbsp;à la main&nbsp;&raquo; qu&rsquo;il existe un immeuble \( X \) dont les appartements sont des complexes de Coxeter pour \( V \) et sur lequel \( \mathbf G(F) \) agit en prolongeant l&rsquo;action de \( \mathbf N(F) \) sur \( V \). Les chambres de cet immeuble sont en bijection avec l&rsquo;ensemble \( \mathbf G(F) / \mathbf B(F) \), sur lequel on peut construire une relation d&rsquo;adjacence ad hoc. Dans la suite on va plutôt expliquer une machinerie formalisant cette construction purement en termes de théorie des groupes.
  </p>
<h3>BN-paires</h3>
<blockquote><p>
      <b>Définition :</b> Soit \( G \) un groupe et \( B, N \) des sous-groupes de \( G \) ; on note \( T = N \cap B \), on suppose que \( T \triangleleft N \) et on pose \( W = N/T \). On dit alors que \( (B, N) \) est une <em>BN-paire</em> si \( G = \langle B, N \rangle \), et il existe une famille génératrice \( S \) de \( W \) vérifiant les deux conditions suivantes :</p>
<ol>
<li>Pour touts \( s \in S, w \in W \) on a \( sBw \subset BwB \cup BswB \) ; </li>
<li>Pour tout \( s \in S \) on a \( sBs^{-1} \not\subset B \). </li>
</ol>
</blockquote>
<p>    Il suit de cette définition que \( (W, S) \) est un groupe de Coxeter (cf. Abramenko&#8211;Brown, Proposition 6.40) ; dans les cadres où on l&rsquo;appliquera ceci sera déjà connu. Le lien avec les immeubles est donné par le résultat suivant (loc. cit., Theorem 6.56).</p>
<blockquote><p>
      <b>Théorème :</b> Avec les notations ci-dessus il existe un immeuble épais dont les appartements sont isomorphes au complexe de Coxeter de \( (W, S) \), l&rsquo;ensemble des chambres est \( G/B \) et les appartements sont les orbites des classes à gauche \( gT, g \in G \) sur cet ensemble. En particulier \( G \) agit par automorphismes sur cet immeuble, et l&rsquo;action est transitive sur les chambres.
    </p></blockquote>
<p>    Les stabilisateurs des simplexes de l&rsquo;immeuble sont les <em>sous-groupes paraboliques</em> de \( G \) associés à la BN-paire. Pour les décrire on commence par définir un <em>sous-groupe parabolique standard</em> comme suit : c&rsquo;est un sous-groupe de la forme \( \langle T, B \rangle \) où \( T \subset S \). Ces derniers sont les stabilisateurs des faces de la chambre fondamentale (correspondant à la classe triviale \( 1B \in G/B) \). Un sous-groupe est donc parabolique s&rsquo;il est conjugué par un élément de \( G \) à un sous-groupe parabolique standard.
  </p>
<h3>BN-paire d&rsquo;un groupe algébrique</h3>
<p>
    L&rsquo;ingrédient qui nous manque encore pour la construction de l&rsquo;immeuble d&rsquo;un \( F \)-groupe déployé \( \mathbf G \) est le suivant.</p>
<blockquote><p>
      <b>Lemme :</b> Si \( \mathbf N, \mathbf B \) sont les \( F \)-sous-groupes de \( \mathbf G \) définis plus haut alors \( (\mathbf B(F), \mathbf N(F)) \) est une BN-paire.
    </p></blockquote>
<p>    De plus le groupe de Coxeter associé est bien le groupe de Weyl \( W = \mathbf N(F) / \mathbf T(F) \). On a donc bien un immeuble dont les appartements sont \( V \) et sur lequel \( \mathbf G(F) \) agit.</p>
<p></p>
<p>    Dans ce cadre la définition ci-dessus de sous-groupe parabolique standard correspond à la définition classique : ce sont les groupes \( \mathbf P(F) \) où \( \mathbf B \le \mathbf P \le \mathbf G \) est un \( F \)-sous-groupe. Ils sont en bijection avec les sous-ensembles de la base \( \Delta \) ; si \( \Theta \subset \Delta \) le sous-groupe associé est tangent à la sous-algèbre<br />
    \[<br />
    H \oplus \mathfrak{n} \oplus \bigoplus_{\theta \in \Theta} \mathfrak{g}_{-\theta}.<br />
    \]
  </p>
<h3>Exemple : \( \mathrm{SL}_3 \)</h3>
<p>
    Si \( \mathbf G = \mathrm{SL}_3 \) son algèbre de Lie est \( \mathfrak{sl}_3 \). On a alors<br />
    \[<br />
    \mathbf T(F) = \left\{ \begin{pmatrix} a &amp; 0 &amp; 0 \\ 0 &amp; b &amp; 0 \\ 0 &amp; 0 &amp; c \end{pmatrix} : abc = 1 \right\}, \, \mathbf B(F) = \left\{ \begin{pmatrix} a &amp; x &amp; y \\ 0 &amp; b &amp; z \\ 0 &amp; 0 &amp; c \end{pmatrix} : abc = 1 \right\}<br />
    \]<br />
    et \( W \) est le sous-groupe des matrices de permutation. Les sous-groupes paraboliques standard sont \( \mathbf G, \mathbf B \) et les conjugués de<br />
    \[<br />
    \mathbf P(F) = \left\{ \begin{pmatrix} a &amp; b &amp; x \\ c &amp; d &amp; y \\ 0 &amp; 0 &amp; e \end{pmatrix} : (ad &#8211; bc)e = 1 \right\}<br />
    \]<br />
    (qui correspond à la racine \( L_1 &#8211; L_2 \)).</p>
<p></p>
<p>    On peut donner dans ce cas une interprétation géométrique de l&rsquo;immeuble \( I \) associé à \( \mathbf G(F) \) : \( \mathbf G(F)/\mathbf B(F) \) est l&rsquo;ensemble des drapeaux de \( F^3 \), qui représentent donc les 1-simplexes de \( I \). Les sommets adjacents à un drapeau \( 0 \subset D \subset P \subset F^3 \) sont la droite \( D \) et le plan \( P \) ; deux chambres sont donc adjacentes si elles sont représentées par des drapeaux ayant une droite ou un plan en commun.</p>
<p></p>
<p>    Cet immeuble est donc un graphe, de valence \( |F| + 1 \) (le cardinal de la droite projective sur \( F \). Dans le cas où \( F = \mathbb F_2 \) (a priori non traité par les arguments ci-dessus, mais on peut les adapter) il est représenté par l&rsquo;image suivante.</p>
<p>    <img src="http://perso.math.univ-toulouse.fr/jraimbau/files/2019/03/immeuble_SL2_F3.png">
  </p>
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		</item>
		<item>
		<title>Systèmes de racines des algèbres de Lie semisimples (Jules Martel)</title>
		<link>https://perso.math.univ-toulouse.fr/jraimbau/2019/03/19/systemes-de-racines-des-algebres-de-lie-semisimples-jules-martel/</link>
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		<pubDate>Tue, 19 Mar 2019 16:35:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[jraimbau]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Groupe de travail]]></category>
		<category><![CDATA[Immeubles]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://perso.math.univ-toulouse.fr/jraimbau/?p=514</guid>
		<description><![CDATA[Dans ces notes \( F \) désigne toujours un corps de caractéristique 0, que l&#8217;on supposera de plus algébriquement clos vers la fin. Formalisme des algèbres de Lie Algèbres de Lie Définition : Une algèbre de Lie sur \( F \) est un \( F \)-espace vectoriel \( L \) muni d&#8217;un crochet de Lie [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[
<p>
    Dans ces notes \( F \) désigne toujours un corps de caractéristique 0, que l&rsquo;on supposera de plus algébriquement clos vers la fin. </p>
<p><span id="more-514"></span></p>
<h1>Formalisme des algèbres de Lie</h1>
<h2>Algèbres de Lie</h2>
<blockquote><p>
      <b>Définition :</b> Une <em>algèbre de Lie sur \( F \)</em> est un \( F \)-espace vectoriel \( L \) muni d&rsquo;un <em>crochet de Lie</em> \( [\cdot, \cdot] \) qui est une application bilinéaire \( L \times L \to L \) qui est antisymétrique et vérifie la relation de Jacobi :<br />
      \[<br />
      [x, [y, z]] + [y, [z, x]] + [z, [x, y]] = 0<br />
      \]<br />
      pour touts \( x, y, z \in L \).
    </p></blockquote>
<p>    On définit de manière évidente les sous-algèbres de Lie et les morphismes. Une <em>représentation</em> d&rsquo;une algèbre de Lie \( L \) est un morphisme \( L \to \mathfrak{gl}(V) \) pour un espace vectoriel \( V \) (que l&rsquo;on supposera toujours de dimension fini dans la suite).
  </p>
<h3>Exemples : </h3>
<ul>
<li>Soit \( V \) un espace vectoriel, alors \( \mathfrak{gl}(V) = \mathrm{End}(V) \) muni du crochet \( [a, b] = ab &#8211; ba \) est une algèbre de Lie.
<p>	Le sous-espace \( \mathfrak{sl}(V) = \{ x \in \mathfrak{gl}(V) : \mathrm{tr}(x) = 0 \} \) est une sous-algèbre de Lie.</p>
<p>	Si \( \dim(V) = n \) le choix d&rsquo;une base de \( V \) détermine un isomorphisme \( \mathfrak{gl}(V) \cong \mathfrak{gl}_n(F) \) où \( \mathfrak{gl}_n(F) \) est l&rsquo;algèbre de Lie des matrices \( n \times n \) munies du crochet évident ; de même \( \mathfrak{sl}(V) \cong \mathfrak{sl}_n(F) \) où \( \mathfrak{sl}_n(F) \) est la sous-algèbre des matrices de trace nulle. </li>
<li>D&rsquo;autres sous-algèbres importantes de \( \mathfrak{gl}_n(F) \) sont \( \mathfrak{t}_n(F) \), formée des matrices triangulaires supérieures, et \( \mathfrak{n}_n(F) \), formée des matrices strictement triangulaires supérieres. </li>
</ul>
<h2>Représentation adjointe, centre, idéaux</h2>
<p>
    Soit \( A \) une \( F \)-algèbre (pas forcément associative). Une <em>dérivation</em> de \( A \) est un endomorphisme \( \delta \in \mathrm{End}_F(A) \) qui satisfait la règle de Leibniz :<br />
      \[<br />
      \delta(ab) = a\delta(b) + \delta(a)b<br />
      \]<br />
      pour touts \( a, b \in A \). L&rsquo;ensemble des dérivations est une sous-algèbre de Lie de \( \mathfrak{gl}(V) \).</p>
<p></p>
<p>    Si \( L \) est une algèbre de Lie et \( x \in L \) on note \( \mathrm{ad}_x \) l&rsquo;endomorphisme linéaire de \( L \) défini par \( \mathrm{ad}_x(y) = [x, y] \). L&rsquo;application \( \mathrm{ad} : L \to \mathfrak{gl}(L) \) , \( x \mapsto \mathrm{ad}_x \) est un morphisme d&rsquo;algèbres de Lie. On l&rsquo;appelle la <em>représentation adjointe</em> de \( L \). On vérifie en que \( \mathrm{ad}(L) \subset \mathrm{Der}(L) \). </p>
<p></p>
<p>    Le <em>centre</em> \( Z(L) \) de \( L \) est par définition :<br />
    \[<br />
    Z(L) = \ker(\mathrm{ad}) = \{ x \in L : \forall y \in L, [x, y] = 0 \}.<br />
    \]<br />
    On dit que \( L \) est <em>abélienne</em> si \( L = Z(L) \).</p>
<p></p>
<p>    En général le centre est un <em>idéal</em> de \( L \), c&rsquo;est-à-dire un sous-espace \( I \le L \) tel que \( [x, y] \in I \) pour touts \( y \in I \) et \( x \in L \) (en particulier c&rsquo;est une sous-algèbre de Lie). Un autre exemple d&rsquo;idéal est l&rsquo;<em>algèbre dérivée</em> de \( L \) définie par :<br />
    \[<br />
    [L, L] = \{ [x, y] : x, y \in L\}.<br />
    \]<br />
    On dit qu&rsquo;une algèbre de Lie est <em>simple</em> si ses seuls idéaux sont elle-même et le sous-espace nul. Par exemple \( \mathfrak{sl}(V) \) est simple (la démonstration est la même que celle de la simplicité du groupe \( \mathrm{SL}(V) \)).
  </p>
<h2>Algèbres résolubles et nilpotentes</h2>
<p>
    La <em>série dérivée</em> \( L^{(0)}, L^{(1)}, \ldots \) de \( L \) est définie par récurrence comme suit :<br />
    \[<br />
    L^{(0)} = L, L^{(i+1)} = [L^{(i)}, L^{(i)}].<br />
    \]<br />
    On dit que \( L \) est <em>résoluble</em> si \( L^{(i)} = 0 \) pour \( i \) assez grand. Par exemple, l&rsquo;algèbre \( \mathfrak{t}_n(F) \) des matrices triangulaires supérieures est résolubles : en effet le \( i \)-ème terme de sa série dérivée est contenu dans les \( (a_{kl} \) telles que \( l \le k + i \Rightarrow a_{kl} = 0 \) donc on a \( L^{(n)} = 0 \).</p>
<p></p>
<p>    On a les propriétés de stabilité suivante pour cette notion (les démonstrations sont immédiates d&rsquo;après les définitions). </p>
<blockquote><p>
      <b>Proposition :</b></p>
<ol>
<li>Si \( L \) est résoluble alors toute sous-algèbre ou image de \( M \) est résoluble. </li>
<li>Si \( I \) est un idéal résoluble de \( L \) et \( L/I \) est aussi résoluble alors \( L \) elle-même doit être résoluble. </li>
<li>Si \( I, J \) sont des idéaux résolubles de \( L \) alors \( I + J \) aussi. </li>
</ol>
</blockquote>
<p>    Il suit de la propriété 3. ci-dessus qu&rsquo;une algèbre de Lie (de dimension finie) \( L \) contient un unique idéal résoluble maximal. Ce dernier est appelé <em>radical résoluble</em> de \( L \) et noté \( \mathrm{Rad}(L) \).</p>
<blockquote><p>
      <b>Définition :</b> On dit que \( L \) est <em>semisimple</em> si l&rsquo;une des conditions équivalentes suivantes est satisfaite :</p>
<ul>
<li>On a \( \mathrm{Rad}(L) = 0 \) ; </li>
<li>Il n&rsquo;existe pas d&rsquo;idéal abélien \( I \subset L \) ; </li>
</ul>
</blockquote>
<p>
    La <em>série centrale</em> \( L^0, L^1, \ldots \) de \( L \) est définie par :<br />
    \[<br />
    L^0 = L, L^{i+1} = [L, L^i].<br />
    \]<br />
    On dit que \( L \) est <em>nilpotente</em> si \( L^i = 0 \) pour \( i \) assez grand. Par exemple l&rsquo;algèbre \( \mathfrak{n}_n(F) \) est nilpotente par le même argument que celui utilisé pour démontrer que \( \mathfrak{t}_n \) est résoluble (noter que \( \mathfrak{t}_n(F) \) elle-même n&rsquo;est pas nipotente, vu que \( [\mathfrak{t}_n, \mathfrak{t}_n^{(i)}] = \mathfrak{t}_n^{(i)} \) pour \( i \ge 1 \)).</p>
<p></p>
<p>    La nilpotence est stable par passage aux sous-algèbres et aux images. On a de plus les propriétés importantes suivantes.</p>
<blockquote><p>
      <b>Proposition :</b></p>
<ol>
<li>\( L \) est nilpotente si et seulement si \( L/Z(L) \) est nilpotente. </li>
<li>Si \( L \) est nilpotente alors\( Z(L) \not= 0 \). </li>
</ol>
</blockquote>
<h1>Théorèmes fondamentaux</h1>
<h2>Théorème d&rsquo;Engel</h2>
<p>
    Si \( L \) est une algèbre de Lie nilpotente et \( x_0, \ldots, x_i \in L \) on a \( \mathrm{ad}_{x_i} \cdots \mathrm{ad}_{x_1} \in \mathrm{ad}(L^{i}) \) et cet élément est donc nul pour \( i \) assez grand. En particulier il existe un \( n \) tel que \( (\mathrm{ad}_x)^n = 0 \) pour tout \( x \in L \). Autrement dit tous les éléments d&rsquo;une algèbre nilpotente sont nilpotents (au sens usuel) dans la représentation adjointe. Le théorème d&rsquo;Engel est une réciproque de cet énoncé. </p>
<blockquote><p>
      <b>Théorème (Engel) :</b> Soit \( L \) une algèbre de Lie. Si \( \mathrm{ad}_x \) est un endomorphisme nilpotent de \( L \) pour tout \( x \in L \) alors \( L \) est nilpotente.
    </p></blockquote>
<h3>Démonstration</h3>
<p>
    \( L \) est nilpotente si et seulement si \( \mathrm{ad}(L) \) l&rsquo;est. On obtient alors cet énoncé par récurrence sur \( \dim(L) \), comme conséquence du lemme d&rsquo;algèbre linéaire suivant : si \( L \) est une sous-algèbre de Lie de \( \mathfrak{gl}(V) \) telle que tout \( x \in L \) est un endomorphisme nilpotent alors il existe un vecteur \( v \in V \) non-nul tel que \( xv = 0 \) pour tout \( x \in L \).
  </p>
<h2>Théorème de Lie</h2>
<blockquote><p>
      <b>Théorème (Lie) :</b> On suppose que \( F \) est algébriquement clos. Soit \( L \subset \mathfrak{gl}(V) \) une sous-algèbre de Lie résoluble. Il existe un \( v \in V \), \( v \not= 0 \) tel que \( xv \in Fv \) pour tout \( x \in L \).
    </p></blockquote>
<h3>Démonstration</h3>
<p>
    On obtient cet énoncé par récurrence sur \( \dim(L) \) ; il est évidemment vrai pour \( \dim(L) = 0, 1 \). Le point de départ de la récurrence est le lemme suivant.</p>
<blockquote><p>
      <b>Lemme 1 :</b> Il existe un idéal \( I \subset L \) de codimension 1.
    </p></blockquote>
<p>    Par l&rsquo;hypothèse de récurrence il existe un \( v \in V \setminus 0 \) tel que \( xv \in Fv \) pour tout \( x \in I \). Soit \( \lambda \) la forme linéaire sur \( I \) telle que \( xv = \lambda(x)v \) pour \( x \in I \). On définit un sous-espace<br />
    \[<br />
    W = \bigcap_{x \in I} \ker(x &#8211; \lambda(x))<br />
    \]<br />
    qui est non-nul puisque \( v \in W \). On a alors</p>
<blockquote><p>
      <b>Lemme 2 :</b> \( LW \subset W \)
    </p></blockquote>
<p>    On peut alors conclure de la manière suivante : on écrit \( L = Fz + I \) (pour n&rsquo;importe quel \( z \in L \setminus I \)) et on obtient le vecteur désiré en prenant n&rsquo;importe quel vecteur propre de \( z \) dans le sous-espace stable \( W \) (c&rsquo;est ici que l&rsquo;hypothèse sur \( F \) est utilisée).
  </p>
<h3>Démonstration des lemmes</h3>
<p>
    Le lemme 2 est une conséquence à peu près immédiate de ce que \( I \) est un idéal. Le lemme 1 se démontre comme suit : l&rsquo;algèbre \( L^a = L/[L, L] \) est abélienne et non-nulle. On choisit un sous-espace \( J \subset L^a \) de codimension 1 ; il suit immédiatement que \( J + [L, L] \) est un idéal de codimension 1 dans \( L \).
  </p>
<h3>Conséquences</h3>
<p>
    Le théorème de Lie a les corollaires immédiats suivants :</p>
<ol>
<li>Si \( L \) est une sous-algèbre résoluble de \( \mathfrak{gl}(V) \) alors il existe un drapeau de \( V \) (c&rsquo;est-à-dire une suite de sous-espaces \( 0 = V_0 \subset V_1 \subset \cdots \subset V_n = V \) avec \( \dim(V_{i+1}/V_i) = 1 \)) stabilisé par \( L \) ; autrement dit \( L \) est une sous-algèbre d&rsquo;un conjugué de \( \mathfrak{t}_n \). (Noter que le théorème d&rsquo;Engel implique un énoncé similaire pour les sous-algèbres nilpotentes.) </li>
<li>\( L \) est résoluble si et seulement s&rsquo;il existe des sous-algèbres \( L_0 = 0 \subset \cdots \subset L_n = L \) telles que \( \dim(L_{i+1}/L_i) = 1 \) et \( L_i \) est un idéal de \( L_{i+1} \). </li>
<li>\( L \) est résoluble si et seulement si son algèbre dérivée \( [L, L] \) est nilpotente. </li>
</ol>
<p>    Noter que le dernier point est valide même si \( F \) n&rsquo;est pas algébriquement clos.
  </p>
<h2>Critère de Cartan</h2>
<p>
    Il suit de la caractérisation traciale des endomorphismes nilpotents, du théorème d&rsquo;Engel et du dernier critère de résolubilité ci-dessus que si \( L \subset \mathfrak{gl}(V) \) vérifie que \( \mathrm{tr}(xy) = 0 \) pour tout \( x \in [L, L] \) et tout \( y \in L \) alors elle est résoluble. On obtient ainsi le critère de résolubilité suivant.</p>
<blockquote><p>
      <b>Théorème (Cartan) :</b> Soit \( L \) une algèbre de Lie. Si \( \mathrm{tr}(\mathrm{ad}_x\mathrm{ad}_y) = 0 \) pour touts \( x \in [L,L] \) et \( y \in L \) alors \( L \) est résoluble.
    </p></blockquote>
<h1>Structure des algèbres de Lie semisimples</h1>
<h2>Forme de Killing</h2>
<blockquote><p>
      <b>Définition :</b> La <em>forme de Killing</em> d&rsquo;une algèbre de Lie \( L \) est la forme bilinéaire symétrique \( K = K_L \) sur \( L \) donnée par :<br />
      \[<br />
      K(x, y) = \mathrm{tr}(\mathrm{ad}_x\mathrm{ad}_y).<br />
      \]
    </p></blockquote>
<p>    Les propriétés suivantes sont immédiates :</p>
<ol>
<li>On a \( K([x, y], z) = K(x, [y, z]) \) (<em>invariance</em> de \( K \)). </li>
<li>Le noyau \( S = \ker(K) = \{ x \in L : K(\cdot, x) = 0\} \) est un idéal de \( L \). </li>
<li>Si \( I \subset L \) est un idéal alors \( K_I = K_L|_I \). </li>
</ol>
<p>    Le résultat utile pour la suite sur la forme de Killing est alors le théorème suivant.</p>
<blockquote><p>
      <b>Théorème :</b> \( L \) est semi-simple si et seulement si \( K \) est non-dégénérée.
    </p></blockquote>
<h3>Démonstration</h3>
<p>
    L&rsquo;idéal \( S = \ker(K) \) est résoluble (ceci suit directement du critère de Cartan) et si \( L \) est semisimple on a donc \( S \subset \mathrm{Rad}(L) = 0 \) donc \( K \) est non-dégénérée.</p>
<p></p>
<p>    Réciproquement, si \( S = 0 \) alors \( L \) ne contient pas d&rsquo;idéal abélien non-nul (un tel idéal est contenu dans \( S \)). Il suit que \( L \) ne contient pas non plus d&rsquo;idéal résoluble non-nul (le dernier terme de la série dérivée d&rsquo;un tel idéal serait un idéal abélien non-nul de \( L \)), et donc que \( \mathrm{Rad}(L) = 0 \).
  </p>
<h2>Décomposition en algèbres simples</h2>
<p>
    <em>Dans toute la suite on suppose que \( L \) est semisimple. </em></p>
<blockquote><p>
      <b>Théorème :</b> Il existe des idéaux simples \( L_1, \ldots, L_n \) de \( L \), uniques à permutation près, tels que l&rsquo;on ait la décomposition<br />
      \[<br />
      L = L_1 \oplus \cdots \oplus L_n.<br />
      \]
    </p></blockquote>
<h3>Démonstration</h3>
<p>
    Ceci suit d&rsquo;une récurrence sur la dimension mise en place comme suit : si \( L \) n&rsquo;est pas simple elle contient un idéal \( 0 \not= I \not= L \), qui doit lui aussi être semisimple (sinon \( \mathrm{Rad}(I) \) serait un idéal résoluble de \( L \)). Son orthogonal \( I^* \) pour \( K \) est alors un idéal, et on a \( L = I \oplus I^* \) car \( K \) et \( K|_I = K_I \) sont non-dégénérées. On conclut en appliquant l&rsquo;hypothèse de récurrence à \( I \) et \( I^* \).
  </p>
<h3>Conséquences</h3>
<p>
    Le théorème de décomposition a les corollaires suivants, que l&rsquo;on peut aussi déduire directement de sa démonstration.</p>
<ol>
<li>On a \( [L, L] = L \). </li>
<li>Les idéaux et quotients de \( L \) sont aussi semisimples. </li>
</ol>
<h2>Représentation adjointe des algèbres semisimples</h2>
<p>
    La représentation adjointe  \( \mathrm{ad} : L \to \mathrm{Der}(L) \) de l&rsquo;algèbre de Lie semisimple \( L \) a les propriétés suivantes :</p>
<ol>
<li>\( \mathrm{ad} \) est fidèle ; </li>
<li>\( \mathrm{ad}(L) = \mathrm{Der}(L) \) ; </li>
</ol>
<p>    La première suit immédiatement du fait que \( \ker(\mathrm{ad}) \) est un idéal abélien. La seconde se démontre comme suit : si \( \delta \in \mathrm{Der}(L) \) et \( x \in L \) on a \( \mathrm{ad}_{\delta(x)} = [\delta, \mathrm{ad}_x] \) et il suit que \( \mathrm{ad}(L) \) est un idéal de \( \mathrm{Der}(L) \). Soit \( J \) son orthogonal pour la forme de Killing \( K_{\mathrm{Der}(L)} \) ; alors \( J \cap \mathrm{ad}(L) = 0 \) vu que \( K_I = K_{\mathrm{Der}(L)}|_I \) est non-dégénérée, et par inégalité sur les dimensions \( \mathrm{Der}(L) = J \oplus \mathrm{ad}(L) \). Il suit aussi que \( \mathrm{ad}_{\delta(x)} = [\delta, \mathrm{ad}_x] \in J \cap \mathrm{ad}(L) \) est nul pour touts \( x \in L \) et \( \delta \in J \). Comme \( \mathrm{ad} \) est injective il suit que pour tout \( \delta \in J \) on a \( \delta(x) = 0 \) pour tout \( x \in L \), c&rsquo;est-à-dire \( \delta = 0 \). On conclut que \( J = 0 \) et donc que \( \mathrm{ad}(L) = \mathrm{Der}(L) \).
  </p>
<h3>Décomposition de Jordan</h3>
<blockquote><p>
      <b>Proposition :</b> Pour tout \( x \in L \) il existe une paire \( (x_n, x_s) \in L \times L \) telle que \( \mathrm{ad}_{x_n} \) est nilpotent, \( \mathrm{ad}_{x_s} \) est semisimple, \( [x_n, x_s] = 0 \) et \( x = x_s + x_n] \).
    </p></blockquote>
<p>    Pour démontrer ceci on admet le fait suivant : si \( x \) est une endomorphisme linéaire de \( L \) on note \( x_n \) sa partie nilpotente et \( x_s \) sa partie semisimple (diagonalisable) données par le théorème de réduction de Jordan ; on a alors :  </p>
<blockquote><p>
      Si \( x \in \mathrm{Der}(L) \) alors \( x_n, x_s \in \mathrm{Der}(L) \).
    </p></blockquote>
<p>    Le résultat suit alors immédiatement du fait (démontré ci-dessus) que \( \mathrm{ad} \) est un isomorphisme \( L \to \mathrm{Der}(L) \).
  </p>
<p>
    La décomposition de Jordan est fonctorielle, c&rsquo;est-à-dire que pour tout morphisme \( \rho : L \to \mathfrak{gl}(V) \) (dont l&rsquo;image est forcément contenue dans \( \mathfrak{sl}(V) \)) et tout \( x \in L \) on a \( \rho(x)_n = \rho(x_n) \).
  </p>
<h2>Décomposition radicielle</h2>
<p>
    Soit \( H \subset L \) une sous-algèbre abélienne dont tous les éléments sont semisimples (c-à-d \( x = x_s \) pour tout \( x \in H \)), et maximale pour ces propriétés. (On peut démontrer sans difficulté que demander que \( H \) soit abélienne est superflu.) Une telle sous-algèbre est appelée <em>sous-algèbre de Cartan</em> de \( L \).</p>
<p></p>
<p>    Il existe une base de \( L \) qui diagonalise simultanément tous les éléments de \( H \) ; autrement dit il existe un sous-ensemble fini \( \Phi \) du dual \( L^* \) tel que<br />
    \[<br />
    L = H \oplus \bigoplus_{\alpha \in \Phi} L_\alpha, \: L_\alpha = \{ x \in L : \forall h \in H, \mathrm{ad}_h(x) = \alpha(h)x \}.<br />
    \]<br />
    Cette décomposition est appelée <em>décomposition radicielle</em> de \( L \) et \( \Phi \) est appelé un <em>système de racines</em> de \( L \). Tout ceci dépend du choix de \( H \) mais on peut démontrer que toutes les sous-algèbres de Cartan sont conjuguées l&rsquo;une à l&rsquo;autre et il en va de même pour les décompositions radicielles et systèmes de racines.</p>
<p></p>
<p>    On a les propriétés importantes suivantes :</p>
<ol>
<li>\( [L_\alpha, L_\beta] \subset L_{\alpha+\beta} \) (qui est nul si \( \alpha + \beta \not= 0, \not\in \Phi \) et \( H \) si \( \alpha + \beta = 0 \)). </li>
<li>Pour tout \( \alpha \in \Phi \) le sous-espace \( L_\alpha \) est \( \mathrm{ad} \)-nilpotent. </li>
<li>Si \( \alpha \not= \beta \) alors \( L_\alpha \) est Killing-orthogonal à \( L_\beta \). </li>
</ol>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Groupes de Coxeter (notes de Stéphane Lamy préparées pour ses exposés)</title>
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		<pubDate>Fri, 04 Jan 2019 09:51:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[jraimbau]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Groupe de travail]]></category>
		<category><![CDATA[Immeubles]]></category>

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		<description><![CDATA[Introduction Immeubles Contemplons la définition suivante d&#8217;immeuble : Définition Un immeuble est un complexe simplicial \(\Delta\) obtenu comme union de sous-complexes \(\Sigma\) (les appartements) satisfaisant les axiomes suivants: Chaque appartement \(\Sigma\) est un complexe de Coxeter. Pour tout couple de simplexes \(A, B \in \Delta\), il existe un appartement \(\Sigma\) contenant les deux. Si \(\Sigma\) [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[
<h1>Introduction</h1>
<h2>Immeubles</h2>
<p>
Contemplons la définition suivante d&rsquo;immeuble :</p>
<blockquote><p>
 <b>Définition</b> Un <em>immeuble</em> est un complexe simplicial \(\Delta\) obtenu comme union de sous-complexes \(\Sigma\) (les <em>appartements</em>) satisfaisant les axiomes suivants:</p>
<ol>
<li>Chaque appartement \(\Sigma\) est un <em>complexe de Coxeter</em>. </li>
<li id="B1"> Pour tout couple de simplexes \(A, B \in \Delta\), il existe un appartement \(\Sigma\) contenant les deux. </li>
<li id="building:iso"> Si \(\Sigma\) et \(\Sigma&rsquo;\) sont deux appartements contenant des simplexes \(A\) et \(B\), alors il existe un isomorphisme \(\Sigma \to \Sigma&rsquo;\) fixant \(A\) et \(B\) point par point.</li>
</ol>
</blockquote>
<p>Dans ces exposés on va introduire la notion de complexe de Coxeter, qui sont des complexes simpliciaux basiques qui serviront à contruire les immeubles. </p>
<p><span id="more-491"></span></p>
<p>Les axiomes ci-dessus disent qu&rsquo;un immeuble est en un certain sens un objet très symétrique, on verra plus tard leurs conséquences. Noter cependant qu&rsquo;il est possible qu&rsquo;un immeuble n&rsquo;admette aucun automorphisme non trivial, comme dans l&rsquo;exemple suivant :</p>
<blockquote><p>
 <b>Exemple</b> Soit \(\Delta\) un arbre simplicial, dont tous les sommets sont de valences \(\ge 3\) deux à deux distinctes. Alors \(\Delta\) est un immeuble, dont les appartements sont les droites simpliciales plongées dans \(\Delta\).<br />
On verra que ce sont des complexes de Coxeter de type \(\tilde A_1\).
</p></blockquote>
<h2>Groupes et matrices de Coxeter</h2>
<p>
Un groupe de Coxeter \(W\) est un groupe engendré par un ensemble \(S\) (disons fini, de cardinal \(n\))  d&rsquo;involutions, et qui admet une présentation par générateurs et relations très simple :<br />
\[<br />
W = \left\langle S \mid (s,t)^{m(s,t)} = 1\right\rangle<br />
\]<br />
Ici la matrice \(M = (m(s,t))_{1 \le s,t \le n}\) est symétrique à coefficients entiers positifs, avec des \(1\) sur la diagonale est des entiers \(\ge 2\) partout ailleurs. On admet aussi la valeur \(m(s,t) = \infty\). On dit que \(M\) est la <em>matrice de Coxeter</em> encodant \(W\). Si on veut souligner le choix de \(S\), on parle de système de Coxeter \((W,S)\).</p>
<blockquote><p>
 <b>Exemple</b></p>
<ol>
<li> Le groupe \(S_3\) des symétries d&rsquo;un triangle équilatéral, engendré par les transpositions \((12)\) et \((23)\) dont le produit est d&rsquo;ordre 3. </li>
<li> Le groupe infini engendré par les symétries par rapport aux côtés d&rsquo;un<br />
triangle équilatéral, dont les produits deux à deux sont d&rsquo;ordre 3. </li>
<li> Le groupe \(\mathrm{PGL}_2({\mathbb Z})\) est engendré par les matrices<br />
     \[<br />
     s_1 = \begin{pmatrix} 0 &amp; 1 \\ 1 &amp; 0 \end{pmatrix}, \quad<br />
     s_2 = \begin{pmatrix} -1 &amp; 1 \\ 0 &amp; 1 \end{pmatrix}, \quad<br />
     s_3 = \begin{pmatrix} -1 &amp; 0 \\ 0 &amp; 1 \end{pmatrix}.<br />
     \]<br />
     et les produits \(s_1s_2\), \(s_1s_3\), \(s_2s_3\) sont d&rsquo;ordre respectif \(3,2,\infty\). </li>
</ol>
</blockquote>
<h2>Graphes de Coxeter</h2>
<p>
La donnée d&rsquo;une telle matrice \(n \times n\) est encodée par un <em>graphe de Coxeter</em> \(\Gamma\), avec \(n\) sommets et une arête avec étiquette \(m(s,t)\) pour chaque \(m(s,t) \ge 3\). Il est d&rsquo;usage de ne pas noter les étiquettes 3 sur les dessins. On dit que la matrice de Coxeter \(M\)  est <em>irréductible</em> (ou indécomposable) si le graphe \(\Gamma\) associé est connexe.<br />
<br />
La <em>matrice de Gram</em> d&rsquo;un graphe de Coxeter est la matrice symétrique \(A\) avec coefficients \(-\cos \frac{\pi}{m(s,t)}\) (à interpréter comme \(-1\) dans le cas \(m(s,t) = \infty\)). Pour les calculs il est souvent plus aisé de considérer \(2A\) (notamment pour que les \(-\cos \frac{\pi}{3}\) deviennent des \(-1\)&#8230;)<br />
<br />
Si \(\Gamma\) est un graphe de Coxeter, on notera \(\det (\Gamma)\) le déterminant \(\det (2A)\), où \(A\) est la matrice de Gram associée.</p>
<blockquote><p>
 <b>Exemple</b><br />
 Groupe \(W\) d&rsquo;ordre 48 des isométries de \({\mathbb R}^3\) préservant un cube:</p>
<ul>
<li>\( M = \left(\begin{array}{ccc} 1 &amp; 3 &amp; 2 \\ 3 &amp; 1 &amp; 4 \\ 2 &amp; 4 &amp; 1 \end{array}\right)\) </li>
<li> \(\Gamma = \) <img src="http://perso.math.univ-toulouse.fr/jraimbau/files/2019/01/img0.png" /></li>
<li> \( 2A = \left(\begin{array}{ccc} 2 &amp; -1 &amp; 0 \\ -1 &amp; 2 &amp; -\sqrt 2 \\ 0 &amp; -\sqrt 2 &amp; 2 \end{array}\right) \) </li>
<li> \(\det (\Gamma) = 2 \). </li>
</ul>
</blockquote>
<h2>Représentation canonique</h2>
<p>
Soit \((W,S)\) un système de Coxeter, \(V\) l&rsquo;espace vectoriel \(V = \oplus_{s \in S} {\mathbb R} e_s\), et \(B(.,.)\) la forme bilinéaire définie par<br />
\[<br />
B(e_s,e_t) = &#8211; \cos \frac{\pi}{m(s,t)}.<br />
\]<br />
On fait agir \(W\) sur  \(V\) en posant, pour chaque \(s \in S\)<br />
\[\sigma_s(v) = v &#8211; 2 B(e_s,v) e_s,\]<br />
ou autrement dit \(\sigma_s\) est la (une) réflexion orthogonale de plan<br />
\(e_s^\perp\) par rapport à la forme \(B\).<br />
Par acquis de conscience, on peut vérifier que pour tout \(v,v&rsquo; \in V\), on a :<br />
\[\begin{array}{rl}<br />
B(\sigma_s (v), \sigma_s (v&rsquo;) ) &amp;= B(v-2B(e_s,v)e_s, v&rsquo;-2B(e_s,v&rsquo;)e_s) \\<br />
&amp;= B(v,v&rsquo;) &#8211; 2 B(e_s,v) B(e_s,v&rsquo;) &#8211; 2 B(e_s,v&rsquo;)B(v,e_s) +4 B(e_s,v)B(e_s,v&rsquo;)\cdot 1<br />
\\<br />
&amp;= B(v,v&rsquo;).<br />
\end{array}\]<br />
On obtient donc un morphisme de \(W\) vers le groupe orthogonal \(\mathrm O(V)\) pour la forme \(B\).</p>
<blockquote><p>
 <b>Lemme</b><br />
Soit \(W = \langle S; (st)^{m(s,t)} = 1 \rangle\) un groupe de Coxeter. Alors chaque \(s \in S\) est d&rsquo;ordre 2 dans \(W\), et chaque produit \(st\) est d&rsquo;ordre \(m(s,t)\).
</p></blockquote>
<p><em>Démonstration</em> :<br />
On a un morphisme signature \(W \to \{\pm 1\}\) qui envoie chaque \(s \in S\) sur \(-1\), donc les \(s\) sont d&rsquo;ordre 2 dans \(W\). Si \(s\neq t \in S\), alors \(\sigma_s\) et \(\sigma_t\) préserve le plan \(\mathrm{Vect}(e_s, e_t)\), et comme la restriction de \(B\) est de matrice définie positive (on traite d&rsquo;abord le cas \(m = m(s,t)\) fini)<br />
\[<br />
\begin{pmatrix}<br />
1 &amp; -\cos \frac{\pi}{m} \\ -\cos \frac{\pi}{m} &amp; 1<br />
\end{pmatrix},<br />
\]<br />
le groupe \(\langle \sigma_s, \sigma_t \rangle\) est diédral d&rsquo;ordre \(m\), car l&rsquo;angle entre les deux vecteurs \(e_s\) et \(e_t\) est \(\pi &#8211; \frac{\pi}{m}\). Cela montre que \(st\) est d&rsquo;ordre \(m\) dans \(W\).</p>
<h2>Représentation duale</h2>
<p>
On part de l&rsquo;action de \(W\) sur \(V&rsquo; = \oplus_{s \in<br />
S} {\mathbb R} e_s\), par<br />
\[s'(f) = f &#8211; 2 B(e_s,f) e_s\]<br />
On note \(V\) le dual de \(V&rsquo;\).<br />
On pense aux éléments de \(V&rsquo;\) comme des formes linéaires, et à ceux de \(V\) comme des vecteurs.<br />
Pour tout \(s \in S\), il existe un unique vecteur \(v_s \in V\) tel que pour tout \(f \in V&rsquo;\),<br />
\[ f(v_s) = B(e_s,f). \] </p>
<blockquote><p>
 <b>Lemme</b><br />
L&rsquo;action duale de \(S\) sur \(V\) est donnée par<br />
\[<br />
s(v) = v-2e_s(v) v_s.<br />
\]
</p></blockquote>
<p><em>Démonstration</em> :<br />
\[\begin{array}{rl}<br />
\langle e_t, s(v) \rangle<br />
&amp;= \langle e_t, v- 2 e_s(v) v_s \rangle \\<br />
&amp;= e_t(v) &#8211; 2 e_t(v_s)  e_s(v) \\<br />
&amp;= e_t(v) &#8211; 2B(e_s,e_t)e_s(v)  \\<br />
&amp;= \langle e_t &#8211; 2B(e_s,e_t)e_s,v \rangle \\<br />
&amp;= \langle s'(e_t), v \rangle.<br />
\end{array}\]</p>
<blockquote><p>
 <b>Exemple</b><br />
 Soit \(W\) le groupe diédral infini:</p>
<ul>
<li> \( M = \begin{pmatrix} 1 &amp; \infty \\ \infty &amp; 1 \end{pmatrix} \) </li>
<li> \(\Gamma = \) <img src="http://perso.math.univ-toulouse.fr/jraimbau/files/2019/01/img1.png" /> </li>
<li> \(A = \begin{pmatrix} 1 &amp; -1 \\ -1 &amp; 1 \end{pmatrix} \) </li>
<li> \( \det (\Gamma) = 0 \). </li>
</ul>
<p> On considère l&rsquo;espace vectoriel \(V&rsquo; = {\mathbb R} e_s \oplus {\mathbb R} e_t\), et \(V\) son dual. On définit comme précédemment deux réflexions \(s&rsquo;\) et \(t&rsquo;\) sur \(V&rsquo;\):<br />
\[\begin{array}{c}<br />
s'(f) &amp;= f &#8211; 2B(e_s,f)e_s, \\<br />
t'(f) &amp;= f &#8211; 2B(e_t,f)e_t.<br />
\end{array}\]<br />
Observer que \(s'(e_s) = -e_s\), \(t'(e_t) = -e_t\) et \(s&rsquo;,t&rsquo;\) fixent toutes deux point par point la droite engendrée par \(e_s + e_t\), ce qui donne :<br />
\[\begin{array}{cc}<br />
s'(e_t) = 2e_s + e_t, &amp;&amp; t'(e_s) = e_s + 2e_t.<br />
\end{array}\]</p>
<p>Notons \(s,t\) les réflexions linéaires sur \(V\) induites par \(s&rsquo;,t&rsquo;\), alors en notant \((x,y)\) les coordonnées sur \(V\) telles que<br />
\[\begin{array}{cc}<br />
e_s(x,y) = x, &amp;&amp; e_t(x,y) = -x + y,<br />
\end{array}\]<br />
on obtient<br />
\[\begin{array}{cc}<br />
s (x,y) = (-x,y), &amp;&amp; t(x,y) = (-x + 2y, y).<br />
\end{array}\]<br />
En effet :<br />
\[\begin{array}{ccccccccccccccccc}<br />
\langle e_s, s(s,y) \rangle &amp;&amp;=&amp;&amp;\langle e_s, (-x,y) \rangle&amp;&amp; = &amp;&amp;-x &amp;&amp;=&amp;&amp; \langle -e_s, (x,y) \rangle &amp;&amp;=&amp;&amp; \langle s'(e_s), (x,y) \rangle, \\<br />
\langle e_t, s(s,y) \rangle &amp;&amp;=&amp;&amp; \langle e_t, (-x,y) \rangle&amp;&amp; = &amp;&amp;x + y &amp;&amp;=&amp;&amp; \langle 2e_s+e_t, (x,y) \rangle &amp;&amp;= &amp;&amp;\langle s'(e_t), (x,y) \rangle, \\<br />
\langle e_s, t(x,y) \rangle &amp;&amp;=&amp;&amp;\langle e_s, (-x+2y,y) \rangle&amp;&amp; = &amp;&amp;-x+2y &amp;&amp;=&amp;&amp; \langle e_s+2e_t, (x,y) \rangle &amp;&amp;=&amp;&amp; \langle t'(e_s), (x,y) \rangle, \\<br />
\langle e_t, t(x,y) \rangle &amp;&amp;=&amp;&amp;\langle e_t, (-x+2y,y) \rangle&amp;&amp; = &amp;&amp;x-y &amp;&amp;=&amp;&amp; \langle -e_t, (x,y) \rangle &amp;&amp;=&amp;&amp; \langle t'(e_t), (x,y) \rangle.<br />
\end{array}\]
</p></blockquote>
<h2>Le cas \(W\) fini</h2>
<blockquote><p>
 <b>Théorème</b><br />
 Soit \((W,S)\) un système de Coxeter, et \(B\) la forme quadratique associée. Le groupe \(W\) est fini si et seulement si la forme \(B\) est définie positive.
</p></blockquote>
<p><em>Démonstration</em> :<br />
On peut se ramener à \((W,S)\) irréductible, en travaillant sur chaque bloc de la matrice de \(B\).</p>
<p>Si \(B\) est définie positive, \(W\) s&rsquo;identifie à un groupe discret du groupe<br />
compact \(O(V)\), et est donc fini.</p>
<p>Réciproquement si \(W\) est fini, par moyennisation du produit scalaire standard<br />
sur \(V\) il préserve un produit scalaire. On a donc deux formes bilinéaires invariantes, \(B\) et un produit scalaire \(\langle \cdot, \cdot \rangle\). On veut montrer que \(B = c\, \langle \cdot, \cdot \rangle\) pour une constante \(c &gt; 0\). Tout d&rsquo;abord \(B\) est non dégénérée, car sinon \(\ker B\) serait un sous-espace stable sans supplémentaire stable. Tout sous-espace stable devrait être dans le noyau de \(B\), donc la représentation de \(W\) est irréductible. Le centralisateur de \(W\) est réduit aux matrices scalaires. Cela implique qu&rsquo;il existe une unique forme bilinéaire symétrique invariante (à un scalaire près), et donc \(B\) est un multiple (positif, puisque admet des 1 sur la diagonale) du produit scalaire invariant.
</p>
<h1>Classification</h1>
<h2>Graphe (semi)-définis positifs</h2>
<p>On dit qu&rsquo;un graphe de Coxeter est <em>défini positif</em> (resp. semi-défini positif) si la matrice de Gram \(A\) associée l&rsquo;est (ou de façon équivalente, \(2A\)).</p>
<p>On dit qu&rsquo;un graphe de Coxeter \(\Gamma\) contient un graphe de Coxeter \(\Gamma&rsquo;\) si \(\Gamma&rsquo;\) s&rsquo;obtient à partir de \(\Gamma\) en supprimant des arêtes et/ou en diminuant des poids.<br />
On obtient aussi une relation d&rsquo;ordre partiel sur les graphes de Coxeter, notée \(\Gamma&rsquo; \prec \Gamma\) pour indiquer une inclusion stricte.</p>
<blockquote><p>
 <b>Exemple</b><br />
 <img src="http://perso.math.univ-toulouse.fr/jraimbau/files/2019/01/img_beta.png" />
</p></blockquote>
<blockquote id="lem:sylvester"><p>
 <b>Lemme</b><br />
 Une matrice symétrique est définie positive si et seulement si tous ses mineurs principaux sont strictement positifs.<br />
 <br />
 Variante: si le déterminant est nul est que tous les autres mineurs principaux sont strictement positifs, alors la matrice est semi-définie positive.
</p></blockquote>
<p><em>Démonstration</em> :<br />
Si \(A\) est symétrique définie positive alors ses valeurs propres sont réelles strictement positives, et donc \(\det A &gt; 0\). De plus la restriction de \(q_A\) à tout sous-espace est encore définie positive, ce qui donne la positivité des mineurs en restreignant au sous-espace engendré par \(e_1, \dots, e_k\) pour chaque \(k\).</p>
<p>La réciproque est claire en dimension 1. Supposons maintenant la réciproque vraie en dimension \(n-1\), et montrons la en dimension \(n\).<br />
Écrivons \({\mathbb R}^n = {\mathbb R}^{n-1} \oplus {\mathbb R}\), alors la restriction de \(q_A\) au facteur \({\mathbb R}^{n-1}\) est définie positive par hypothèse de récurrence.<br />
De plus \(\det A &gt;0\), donc \(q_A\) est non dégénéré, donc \(({\mathbb R}^{n-1})^\perp\) est une droite \(\mathrm{Vect} (e)\), et on a une somme directe orthogonale \({\mathbb R}^n = {\mathbb R}^{n-1} \oplus \mathrm{Vect} (e)\).<br />
Notons \(A&rsquo;\) la matrice de la restriction de \(q_A\) à \({\mathbb R}^{n-1}\) (dans une base quelconque), alors \(\det A\) et \(\det A&rsquo; \cdot q_A(e)\) ont même signe, et donc \(q_A(e) &gt; 0\) et \(A\) est définie positive.</p>
<p>Preuve de la variante :<br />
à nouveau on écrit \({\mathbb R}^n = {\mathbb R}^{n-1} \oplus {\mathbb R}\), et la restriction de \(q_A\) au<br />
facteur \({\mathbb R}^{n-1}\) est définie positive par ce qui précède.<br />
Soit \(e\) un vecteur isotrope pour \(q_A\), alors on a une somme directe orthogonale \({\mathbb R}^n = {\mathbb R}^{n-1} \oplus \mathrm{Vect} (e)\), et \(q_A\) est positive comme somme directe d&rsquo;une définie positive sur \({\mathbb R}^{n-1}\) et de la forme triviale sur \({\mathbb R}\).   </p>
<p>Une matrice est <em>indécomposable</em> si aucune permutation des vecteurs de<br />
la base canonique ne la rend (non trivialement) diagonale par blocs.</p>
<blockquote id="lem:ker"><p>
 <b>Lemme</b><br />
 Soit \(A\) une matrice symétrique semi-définie positive indécomposable, avec tous les coefficients non diagonaux \(a_{ij}\) négatifs ou nuls. Alors le cone isotrope est ou bien réduit à \(\{0\}\), ou bien égal à une droite. De plus la plus petite valeur propre de \(A\) a multiplicité \(1\), et il existe un vecteur propre associé dont toutes les coordonnées sont strictement positives.
</p></blockquote>
<p><em>Démonstration</em> :<br />
Comme \(A\) est semi-définie le cône isotrope est égal au noyau.<br />
Soit \(x \neq 0\) dans le cône isotrope, et \(z\) le vecteur obtenu en prenant la<br />
valeur absolue des coordonnées de \(x\). L&rsquo;hypothèse \(a_{ij} \le 0, i\neq j,\)<br />
implique<br />
\[ 0 \le z^t A z \le x^t A x = 0 \]<br />
donc \(z\) est aussi dans le cône isotrope.<br />
Pour tout \(i\), on a \(\sum a_{ij} z_j = 0\).<br />
Soit \(J\) l&rsquo;ensemble des indices \(j\) avec \(z_j &gt; 0\), et \(I\) son complément, correspondant à l&rsquo;ensemble des indices \(i\) avec \(z_i = 0\).<br />
On obtient que \(a_{ij} = 0\) pour tout \(i \in I, j \in J\), et donc \(I\) est vide par indécomposabilité de \(A\).<br />
Ainsi le noyau de \(A\) est \(\{0\}\) ou une droite (tout sous-espace de dimension \(\ge 2\) contient un vecteur non nul avec au moins une coordonnée nulle), et la conclusion s&rsquo;obtient en appliquant ce fait à la matrice symétrique semi-définie positive \(A &#8211; \lambda \mathrm{Id}\), avec \(\lambda\) la plus petite valeur propre. </p>
<blockquote><p>
 <b>Proposition</b><br />
Soit \(\Gamma&rsquo; \prec \Gamma\) deux graphes de Coxeter distincts.<br />
Si \(\Gamma\) est connexe et semi-défini positif, alors \(\Gamma&rsquo;\) (qui n&rsquo;est<br />
pas forcément connexe) est défini positif.
</p></blockquote>
<p><em>Démonstration</em> :<br />
On numérote les sommets de \(\Gamma&rsquo;\) de \(1\) à \(k\), puis ceux restant de \(\Gamma\) de \(k+1\) à \(n\).<br />
Soit \(A&rsquo;\) la matrice de \(\Gamma&rsquo;\), c&rsquo;est une matrice \(k \times k\) avec pour tous \(1 \le i,j \le k\)<br />
\[<br />
a_{ij}&rsquo; = &#8211; \cos \frac{\pi}{m_{ij}&rsquo;} \ge &#8211; \cos \frac{\pi}{m_{ij}} = a_{ij}.<br />
\]<br />
Par l&rsquo;absurde, supposons que \(x= (x_1, \dots, x_k) \neq 0\) vérifie \(x^t A&rsquo; x \le 0\).<br />
Alors en appliquant \(A\) au vecteur \((|x_1|, \dots, |x_k|, 0, \dots, 0)\) on obtient<br />
\[<br />
0 \le \sum a_{ij} |x_i||x_j| \le \sum a_{ij}&rsquo; |x_i||x_j|  \le \sum a_{ij}&rsquo; x_ix_j \le 0.<br />
\]<br />
Donc les inégalités sont des égalités.<br />
Par le <a href="ker">lemme</a>, l&rsquo;égalité \(0 = \sum a_{ij} |x_i||x_j|\) implique \(k = n\), et \(|x_i| &gt; 0\) pour tout \(i\). Alors l&rsquo;égalité \(\sum a_{ij} |x_i||x_j| = \sum a_{ij}&rsquo; |x_i||x_j|\) implique \(a_{ij} = a_{ij}&rsquo;\) pour tous \(i,j\), contredisant que \(\Gamma&rsquo;\) est un sous-graphe propre.</p>
<blockquote><p>
 <b>Théorème</b></p>
<ol>
<li> Les graphes de la <a href="positive_coxeter_graphs">figure 1</a> sont la liste complète des graphes de Coxeter connexes défini positifs. </li>
<li> En ajoutant les graphes de la <a href="affine_coxeter_graphs">figure 2</a> on obtient la liste complète des graphes de Coxeter connexes semi-défini positifs.</li>
</ol>
</blockquote>
<blockquote><p>
 <b>Remarque</b><br />
 Les restrictions sur \(n\) sont pour éviter les redondances. En particulier on a les coïncidences suivantes :<br />
 \[\begin{array}{cccccc}<br />
 A_2 = I_2(3); &amp;&amp;<br />
 B_2 = I_2(4); &amp;&amp;<br />
 H_2 = I_2(5); &amp;&amp;<br />
 G_2 = I_2(6).<br />
 \end{array}\]
</p></blockquote>
<h2>Preuve du théorème : cas de 1 ou 2 sommets</h2>
<p>Les calculs sont directs. Pour \(\Gamma\) de type \(A_1\), on a \(2A = (2)\) et \(\det \Gamma = 2\). Pour \(\Gamma\) de type \(I_2(m)\) avec \(m \ge 3\), on a<br />
\[\begin{array}{c}<br />
2A =<br />
\begin{pmatrix}<br />
2 &amp; -2\cos \frac{\pi}{m} \\<br />
-2\cos \frac{\pi}{m} &amp; 2<br />
\end{pmatrix},<br />
&amp;&amp;<br />
\det \Gamma = 4\sin^2 \frac{\pi}{m}.<br />
\end{array}\]<br />
On obtient en particulier le tableau de valeurs</p>
<table>
<tr>
<td>m: </td>
<td> 3 </td>
<td>  4 </td>
<td>  5 </td>
<td>  6 </td>
<td>  \(\infty\) </td>
</tr>
<tr>
<td>\(\sin \frac{\pi}{m}\): </td>
<td>  \(\frac{\sqrt 3}{2}\) </td>
<td> \(\frac{\sqrt 2}{2}\) </td>
<td>  &#8211; </td>
<td>  \(\frac12\) </td>
<td>   0</td>
</tr>
<tr>
<td>\(\det \Gamma\) :</td>
<td>  3 </td>
<td>  2 </td>
<td>  \(\frac{5-\sqrt 5}{2}\) </td>
<td>  1 </td>
<td>  0 </td>
</tr>
</table>
<blockquote><p>
 <b>Remarque</b><br />
Calcul de \(\cos \frac{\pi}{5}\) et \(\sin^2 \frac{\pi}{5}\).</p>
<p>D&rsquo;abord<br />
\[\cos 2\theta = {\mathbb R}e (e^{2\theta}) = {\mathbb R}e ((e^\theta)^2) = \cos^2 \theta &#8211; \sin^2 \theta = 2\cos^2 \theta -1.\]<br />
Posons \(a = \cos \frac{\pi}{5}\) et \(b = \cos \frac{2\pi}{5}\). Remarquons que \(-a =  \cos \frac{4\pi}{5}\), et donc<br />
\[\begin{array}{cc}<br />
b = 2a^2 -1, &amp;&amp; -a = 2b^2 -1.<br />
\end{array}\]<br />
Par soustraction, \(a+ b = 2(a+b)(a-b)\), et donc \(a -b = \frac12\).<br />
En remplaçant, on trouve que \(a\) est la racine positive de<br />
\[4a^2 -2a -1 = 0\]<br />
et finalement<br />
\[\begin{array}{cc}<br />
\cos \frac{\pi}{5} = \frac{1+\sqrt 5}{4},<br />
&amp;&amp;<br />
\sin^2 \frac{\pi}{5} = \frac{5-\sqrt 5}{8}.<br />
\end{array}\]
</p></blockquote>
<h2>Les graphes de la figure 1 sont définis positifs</h2>
<p>Pour chacun des graphes de la figure (sauf \(D_4\), voir plus bas), on peut numéroter les \(n\) sommets de façon à ce que pour chaque \(i = 1, \dots, n\), le sous-graphe \(\Gamma_i\) induit par les \(i\) premiers sommets soit connexe (et donc aussi dans la liste), et que la dernière arête rajoutée soit de poids 3 entre les sommets \(n-1\) et \(n\).<br />
Notons \(d_i = \det \Gamma_i\).<br />
Par hypothèse les \(d_i\) sont les mineurs principaux de la matrice \(2A\), qui est de la forme<br />
\[<br />
2A =<br />
\begin{pmatrix}<br />
* &amp; \dots &amp; * &amp; * &amp; 0 \\<br />
\vdots &amp; \ddots &amp; \vdots &amp; \vdots &amp; \vdots \\<br />
* &amp; \dots &amp; * &amp; * &amp; 0 \\<br />
* &amp; \dots &amp; * &amp; 2 &amp; -1 \\<br />
0 &amp; \dots &amp; 0 &amp; -1 &amp; 2<br />
\end{pmatrix}<br />
\]<br />
En développant suivant la dernière ligne on obtient la relation<br />
\[<br />
d_n = 2d_{n-1} &#8211; d_{n-2}.<br />
\]<br />
Par récurrence, on obtient la table suivante qui calcule les déterminants de tous les graphes de la figure (et aussi de \(D_2 = A_1 \times A_1\) qui est non connexe, mais qui avec \(D_3 = A_3\) intervient dans le calcul de \(D_4\)).<br />
En particulier les mineurs \(d_i\) sont tous strictement positifs, et on conclut par <a href="sylvester">le critère de Sylvester</a>. </p>
<table>
<tr>
<td>\(A_n\) </td>
<td> \(B_n\) </td>
<td> \(D_n\) </td>
<td> \(E_6\) </td>
<td> \(E_7\) </td>
<td> \(E_8\) </td>
<td> \(F_4\) </td>
<td> \(H_3\) </td>
<td> \(H_4\) </td>
</tr>
<tr>
<td> n+1 </td>
<td> 2 </td>
<td> 4 </td>
<td> 3 </td>
<td> 2 </td>
<td> 1 </td>
<td> 1 </td>
<td> \(3 &#8211; \sqrt 5\) </td>
<td> \(\frac{7 &#8211; 3\sqrt 5}{2}\) </td>
</tr>
</table>
<p>Précisément on utilise les suites suivantes pour \(d_{n-2}, d_{n-1}, d_n\):</p>
<ul>
<li> \(A_{n-2} \prec A_{n-1} \prec A_n\) initialisée avec \(\det A_1 = 2\), \(\det<br />
I_2(3) = 3\);
</li>
<li> \(B_{n-2} \prec B_{n-1} \prec B_n\) initialisée avec \(\det A_1 = 2\), \(\det<br />
I_2(4) = 2\);
</li>
<li> \(D_{n-2} \prec D_{n-1} \prec D_n\) initialisée avec \(\det A_1 \times A_1 =<br />
4\), \(\det A_3 = 4\);
</li>
<li> \(A_4 \prec D_5 \prec E_6\);
</li>
<li> \(D_5 \prec E_6 \prec E_7\);
</li>
<li> \(E_6 \prec E_7 \prec E_8\);
</li>
<li> \(A_2 \prec B_3 \prec F_4\);
</li>
<li> \(A_1 \prec I_2(5) \prec H_3\), noter que \(3 &#8211; \sqrt 5 \simeq 0.76 &gt; 0\);
</li>
<li> \(I_2(5) \prec H_3 \prec H_4\), noter que \(\frac{7 &#8211; 3\sqrt 5}{2} \simeq<br />
0.15 &gt; 0\).
</li>
</ul>
<h2>Les graphes de la figure 2 sont semi-définis positifs</h2>
<p>Tous d&rsquo;abord on observe que l&rsquo;on peut réaliser chacun des graphes \(\Gamma\) comme une suite croissante de graphes connexes dont tous les éléments sauf le dernier sont dans la <a href="positive_coxeter_graphs">liste</a>, et tel que la dernière arête ajoutée est de poids \(3\) ou \(4\) entre les sommets \(n-1\) et \(n\). Par la variante du <a href="sylvester">critère de Sylvester</a>, il suffit de montrer que \(\det \Gamma = 0\). </p>
<p>On l&rsquo;a déjà vu pour \(\tilde A_2\), et pour \(\tilde A_n\), \(n \ge 3\), il suffit de constater que chaque ligne comporte un \(2\), deux \(-1\) et des \(0\), ainsi la somme des colonnes est nulle.</p>
<p>Pour les graphes \(\tilde B_n\) et \(\tilde C_n\), comme précédemment on utilise une relation de récurrence entre les mineurs \(d_{n-2}, d_{n-1}\) et \(d_n\), mais cette fois  le poids de la dernière arête ajoutée étant 4 cette relation prend la forme<br />
\[<br />
d_n = 2 (d_{n-1} &#8211; d_{n-2}).<br />
\]<br />
obtenue en développant le déterminant de<br />
\[<br />
2A =<br />
\begin{pmatrix}<br />
* &amp; \dots &amp; * &amp; * &amp; 0 \\<br />
\vdots &amp; \ddots &amp; \vdots &amp; \vdots &amp; \vdots \\<br />
* &amp; \dots &amp; * &amp; * &amp; 0 \\<br />
* &amp; \dots &amp; * &amp; 2 &amp; &#8211; \sqrt 2 \\<br />
0 &amp; \dots &amp; 0 &amp; -\sqrt 2 &amp; 2<br />
\end{pmatrix}<br />
\]</p>
<p>On trouve \(\det \Gamma = 0\) à l&rsquo;aide des suites</p>
<ul>
<li> \(D_{n-1} \prec D_n \prec \tilde B_n\);
</li>
<li> \(B_{n-1} \prec B_n \prec \tilde C_n\).
</li>
</ul>
<p>Pour les graphes restants, on peut supposer la dernière arête de poids 3 et utiliser la relation de récurrence<br />
\[<br />
d_n = 2 d_{n-1} &#8211; d_{n-2}.<br />
\]</p>
<p>Précisément, on peut utiliser les suites</p>
<ul>
<li> \(A_1 \times A_1 \times A_1 \prec D_4 \prec \tilde D_4\);
</li>
<li> \(A_1 \times D_{n-2} \prec D_n \prec \tilde D_n\) pour \(n \ge 5\);
</li>
<li> \(A_5 \prec E_6 \prec \tilde E_6\);
</li>
<li> \(D_6 \prec E_7 \prec \tilde E_7\);
</li>
<li> \(E_7 \prec E_8 \prec \tilde E_8\);
</li>
<li> \(A_3 \prec B_4 \prec \tilde F_4\);
</li>
<li> \(A_1 \prec G_2 \prec \tilde G_2\).
</li>
</ul>
<h3>Figure 1 : graphes de Coxeter définis positifs</h3>
<p><img src="http://perso.math.univ-toulouse.fr/jraimbau/files/2019/01/img_alpha.png" id="fig:positive_coxeter_graphs" /></p>
<h3>Figure 2 : graphes de Coxeter semi-définis positifs</h3>
<p><img src="http://perso.math.univ-toulouse.fr/jraimbau/files/2019/01/img_alpha2.png" id="fig:affine_coxeter_graphs" /></p>
<h2>Tout graphe semi-défini positif est dans une des deux listes</h2>
<p>Supposons que \(\Gamma\) est un graphe connexe semi-défini positif à \(n\) sommets<br />
et poids maximal \(m\), qui n&rsquo;apparaisse pas dans une des deux listes.</p>
<ol>
<li> Le nombre \(n\) de sommets est au moins 3, puisqu&rsquo;on a traité exhaustivement<br />
les cas de 1 ou 2 sommets.
</li>
<li> \(m\) est fini et \(m \le 5\), puisque \(\Gamma\) ne contient pas le graphe<br />
\(\tilde A_1\) ni le graphe \(\tilde G_2\).
</li>
<li> Le cas \(m = 5\) est impossible, car \(\Gamma\) ne contenant pas \(\tilde B_n\)<br />
n&rsquo;admet donc pas de point de branchement, et les deux graphes</p>
<ul>
<li>&gt;\(Z_4 =\) <img src="http://perso.math.univ-toulouse.fr/jraimbau/files/2019/01/img30.png" /></li>
<li>&gt;\(Z_5 =\) <img src="http://perso.math.univ-toulouse.fr/jraimbau/files/2019/01/img31.png" /></li>
</ul>
<p>sont de déterminant \(&lt;0\), ce que l&#039;on voit par exemple en appliquant la formule<br />
\[<br />
d_n = 2 d_{n-1} &#8211; d_{n-2}.<br />
\]<br />
aux suites</p>
<ul>
<li> \(A_2 \to H_3 \to Z_4\);
</li>
<li> \(H_3 \to H_4 \to Z_5\).
</li>
</ul>
<li> Supposons maintenant \(m =4\).<br />
\(\Gamma\) ne contient pas \(\tilde C_n\), donc une seule arête admet le poids \(4\),<br />
et comme il ne contient pas \(\tilde B_n\), il n&rsquo;a pas de point de branchement.<br />
Les deux arêtes extrèmes sont de poids 3, sinon \(\Gamma = B_n\).<br />
Comme \(\Gamma \neq F_4\) et \(\Gamma\) ne contient pas \(\tilde F_4\), cela épuise<br />
toutes les possibilités avec \(m = 4\).
</li>
<li> Finalement supposons \(m=3\).<br />
\(\Gamma\) doit admettre un point de branchement, sinon \(\Gamma = A_n\).<br />
\(\Gamma\) ne contient pas \(\tilde D_4\), donc admet seulement des point de<br />
branchement triples.<br />
\(\Gamma\) ne contient pas \(\tilde D_n\), donc admet exactement un point de<br />
branchement triple, avec branche de longueur \(2 \le a \le b \le c\).<br />
\(\Gamma\) ne contient pas \(\tilde E_6\), donc \(a = 2\).<br />
Comme \(\Gamma \neq D_n\), on a \(b \ge 3\), mais comme \(\Gamma\) ne contient pas<br />
\(\tilde E_7\), on a \(b = 3\).<br />
Finalement \(3 \le c \le 5\) puisque \(\Gamma\) ne contient pas \(\tilde E_8\), mais<br />
les cas \(c = 3, 4 , 5\) correspondraient à \(\Gamma = E_6, E_7, E_8\), ce qui est<br />
exclu.
</li>
</ol>
<h1>Réalisation</h1>
<h2>Groupes de réflexions finis</h2>
<p>Soit \(V\) un espace vectoriel euclidien, \(H \subset V\) un hyperplan, \(\alpha \in V\) un vecteur.<br />
On note \(s_H\) la réflexion orthogonale associé à \(H\), et \(s_\alpha\) la réflexion orthogonale associée à \(\alpha^\perp\).<br />
Explicitement:<br />
\[<br />
s_\alpha(x) = x &#8211; 2\frac{\langle \alpha,x \rangle}{\langle \alpha, \alpha \rangle} \alpha.<br />
\]</p>
<p>Un <em>groupe de réflexions fini</em> est un groupe fini \(W \subset \mathrm O(V)\) engendré par des réflexions orthogonales.<br />
Le groupe \(W\) est dit <em>essentiel</em> si l&rsquo;origine est le seul point fixe (ou autrement dit, \(\bigcap_{s_H \in W} H = \{ 0 \}\)).</p>
<p>Un ensemble de vecteur \(\Phi = \{\alpha\}\) est un <em>système de racine</em> (généralisé) si les réflexions \(s_\alpha\), \(\alpha \in \Phi\) engendre un groupe fini \(W\), et que \(\Phi\) est invariant par \(W\).</p>
<p>On suppose toujours un tel système de racine <em>réduit</em>, au sens où \(\alpha, \beta \in \Phi\) colinéaires implique \(\alpha = \pm \beta\).</p>
<p>Un système de racine est dit <em>cristallographique</em> si pour tout \(\alpha, \beta \in \Phi\), le coefficient \(2\frac{\langle \alpha,x \rangle}{\langle \alpha, \alpha \rangle}\) est entier.<br />
Cela implique que le groupe additif engendré par \(\Phi\) est un réseau de \(V\).</p>
<h2></h2>
<p>On donne des réalisations combinatoires et/ou géométriques des groupes de Coxeter des diagrammes du <a href="positive_coxeter_graphs">tableau</a>.</p>
<ul>
<li> \(A_n\) correspond au groupe symétrique, pour le système de générateurs \((i \, i+1)\).<br />
Géométriquement, c&rsquo;est le groupe des isométries préservant un simplexe régulier dans l&rsquo;espace euclidien de dimension \(n\).</p>
</li>
<li> \(B_n\) correspond au groupe des permutations signées, pour le système de générateurs \((i \, i+1)\) plus le &laquo;&nbsp;flip&nbsp;&raquo; de \(n\).<br />
Géométriquement, c&rsquo;est le groupe des isométries préservant un hypercube dans l&rsquo;espace euclidien de dimension \(n\) (\(n\) paires de faces opposées).  </p>
</li>
<li> \(D_n\) est le groupe des permutations signées avec un nombre pair de \(-\).<br />
Géométriquement, c&rsquo;est le groupe des isométries préservant un demi-hypercube dans l&rsquo;espace euclidien de dimension \(n\)</p>
</li>
<li> \(H_3\) est le groupe de l&rsquo;icosaèdre (ou dodécaèdre), \(H_4\) le groupe du \(120\)-cellules (ou \(600\)-cellules), et \(F_4\) le groupe du \(24\)-cellules.
</li>
</ul>
<h1>Complexes de coxeter</h1>
<h2>Groupe de réflexion fini</h2>
<p>Soit \(W\) un groupe de réflexions fini, c&rsquo;est à dire \(W \subseteq \mathrm O_n({\mathbb R})\) est<br />
un sous-groupe fini du groupe orthogonal standard engendré par des réflexions<br />
orthogonales.<br />
On suppose \(W\) irréductible (pas de sous-espace propre invariant) et essentiel<br />
(pas de point fixe global à part l&rsquo;origine).<br />
Soit \(H_i\) l&rsquo;ensemble des hyperplans correspondant à des réflexions<br />
orthogonales \(s_i \in W\) (pas seulement les générateurs), et \(\ell_i\) des<br />
formes linéaires définissant les \(H_i\).<br />
On appelle <em>chambre</em> une composante connexe de \({\mathbb R}^n \setminus \bigcup H_i\).<br />
En particulier le choix des \(\ell_i\) conduit à un choix de chambre fondamentale<br />
\[<br />
C = \{ v \in {\mathbb R}^n \mid \ell_i(v) &gt; 0 \text{ pour tout } i\}<br />
\]<br />
Deux chambres qui ont une face de codimension 1 commune (correspondant à traverser l&rsquo;un des \(H_i\)) sont dites <em>adjacentes</em>.<br />
Une suite de chambres \((C_j)_{0\le j \le r}\) est une <em>gallerie</em> de longueur \(r\) si \(C_j\) est adjacente à \(C_{j+1}\) pour tout \(j\).<br />
La gallerie est dite <em>minimale</em> s&rsquo;il n&rsquo;y a pas de gallerie de longueur \(&lt; r\) entre \(C_0\) et \(C_r\).<br />
Le fait suivant me semble géométriquement clair:</p>
<blockquote><p>
  Deux chambres sont toujours connectées par au moins une gallerie, et une gallerie est minimale si et seulement si elle ne traverse aucun hyperplan plus d&rsquo;une fois.
</p></blockquote>
<p>Le lemme suivant semble être implicite dans \cite[p. 36]{AB}:</p>
<blockquote id="lem:action"><p>
 <b>Lemme</b><br />
Le groupe \(W\) agit transitivement sur les chambres.
</p></blockquote>
<p><em>Démonstration</em> :<br />
Le fait qu&rsquo;il existe une action est claire, il s&rsquo;agit de montrer que toute chambre \(D\) est dans l&rsquo;orbite de la chambre fondamentale \(C\).<br />
On procède par récurrence sur la distance \(r\) entre \(C\) et \(D\) (\(r\) est le<br />
nombre d&rsquo;hyperplans séparant ces deux chambres).<br />
Si \(r = 1\), on envoie \(D\) sur \(C\) par la réflexion d&rsquo;hyperplan séparant \(D\) et \(C\).<br />
Si \(r &gt; 1\), on considère une gallerie \(C_0 = C, C_1, \dots, C_r = D\), on prend<br />
\(s_1\) la réflexion échangeant \(C\) et \(C_1\), et on applique l&rsquo;hypothèse de<br />
récurrence à \(C = s_1 C_1\) et \(s_1 D\).</p>
<blockquote><p>
 <b>Proposition</b><br />
Soit \(\{H_s\}\) l&rsquo;ensemble des hyperplans d&rsquo;appui de \(C\), \(S\)<br />
l&rsquo;ensemble des réflexions orthogonales \(s \in W\) associées, et \(e_s\) le vecteur<br />
unitaire normal à \(H_s\) et pointant vers le demi-espace contenant \(C\).<br />
Alors:</p>
<ol>
<li id="C:order">
Pour chaque \(s,t \in S\), on a \(\langle e_s, e_t \rangle = &#8211; \cos \frac{\pi}{m(s,t)} \le 0\) où<br />
\(m(s,t)\ge2\) est l&rsquo;ordre de \(st\).
</li>
<li id="C:simplicial">
La chambre \(C\) est simpliciale, ce qui revient à dire que \(S\) est de cardinal<br />
\(n\);
</li>
<li id="C:generation">
\(S\) engendre \(W\);
</li>
<li id="C:fondamental">
\(\bar C\) est un domaine fondamental pour l&rsquo;action de \(W\) sur<br />
\({\mathbb R}^n\);
</li>
<li id="C:transitive">
\(W\) agit simplement transitivement sur les chambres.
</li>
</ol>
</blockquote>
<p>
<em>Démonstration</em> :<br />
1. C&rsquo;est juste la remarque que le groupe \(\langle s,t \rangle\) agissant sur \((H_s \cap<br />
H_t)^\perp = {\mathbb R} e_s \oplus<br />
{\mathbb R} e_t\) est le groupe diédral d&rsquo;ordre \(m(s,t)\).<br />
<br />
2. L&rsquo;ensemble des hyperplans d&rsquo;appui est de cardinal \(r \ge n\) sinon l&rsquo;action neserait pas essentielle. Par l&rsquo;absurde supposons \(r &gt; n\). Donc les \(\ell_s = \langle e_s, \cdot \rangle\) forment une famille liée, et il existe une relation linéaire nulle non-triviale dont tous les coefficients sont positifs (sinon on écrit une égalité entre combinaisons linéaires non nulles à coefficients positifs, et comme les coefficients non diagonaux sont \(\le 0\), le produit scalaire est \(\le 0\), mais aussi \(\ge 0\) puisque c&rsquo;est le produit scalaire d&rsquo;un vecteur avec lui-même, donc \( =0\), absurde). Une telle combinaison est incompatible avec la définition de \(C\) comme quadrant positif.<br />
<br />
3. Dans le <a href="action">lemme</a> on a en fait montré que le groupe \(\langle S \rangle\) agit transitivement sur les chambres. Toute réflexion \(s_i\) dans \(W\) correspondant à un mur d&rsquo;au moins une chambre \(D\), en utilisant le fait qu&rsquo;il existe \(w \in  \langle S \rangle\) tel que \(w D = C\), on obtient \(w s_i w^{-1} \in S\), et donc également \(s_i \in \langle S \rangle\). Comme les \(s_i\) engendrent \(W\), on obtient \(W = \langle S \rangle\).<br />
<br />
4. Soit \(w \in W\) et \(x,y \in \bar C\) tel que \(wx = y\). On veut montrer \(x = y\). On écrit \(w = s_1 \dots s_r\) sous forme réduite, et on procède par récurrence sur la longueur \(r\) de \(w\). Si \(r = 0\), \(w = \mathrm{Id}\) et c&rsquo;est fini. Sinon, on remarque que \(wC\) et \(C\) sont de part et d&rsquo;autre de l&rsquo;hyperplan<br />
\(H_{s_1}\) (par minimalité de \(r\), et par la propriété &laquo;&nbsp;deletion&nbsp;&raquo; qui est assez claire géométriquement). Donc \(wx = y \in H_{s_1}\). Mais alors en appliquant \(s_1\) on trouve \(s_2 \dots s_r x = s_1 y = y\), et on conclut par hypothèse de récurrence.<br />
<br />
5. Juste la remarque que dans la preuve précédente, si \(x = y \in C\), alors le seul \(w \in W\) fixant \(x\) est l&rsquo;identité.</p>
<p>La décomposition simpliciale de la sphère \(S^{n-1} \subset {\mathbb R}^n\) est appelée le <em>complexe de Coxeter</em> (&laquo;&nbsp;sphérique&nbsp;&raquo;) associé au groupe de réflexion fini \(W\).
</p>
<p>Une autre propriété importante est le </p>
<blockquote id="C:Coxeter"><p>
 <b>Théorème</b><br />
Avec les notations de la proposition, \((W,S)\) est un système de Coxeter.
</p></blockquote>
<p>La preuve, combinatoire, est liée au problème du mot, est ne semble pas plus facile dans le cas fini que dans le cas général. </p>
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